El Born Centre cultural

Personajes 

Maria Bernadí, hostelera

1717

Hostal de Alba

Este era un buen lugar para tener un hostal, aquí, frente al puente dela Carnicería. Siemprehabía trajín: cada día venía gente a la capital a vender sus productos, y los de la zona de levante entraban por el portal de Sant Daniel y pasaban por delante del hostal de camino a la plaza del Born. Eran gente de Vic, Mataró, e incluso de más allá… Ya se sabe, en Barcelona casi todo el mundo tiene familia fuera, y cada vez más lo que se vende viene de los pueblos de alrededor. Unas cuantas calles más arriba el hostal no habría funcionado: allí solo había huertos e industrias, y no pasaba tanta gente. Pero también era una lata estar frente al puente donde la acequia principal, el Rec Comtal, se junta con el Merdançar, que es como llamamos a la mayor cloaca de la ciudad: de vez en cuando, los temporales marítimos y las lluvias abundantes provocaban que las aguas sucias se desbordaran, ¡y entonces todo eran carreras para colocar maderos en el umbral de las puertas y evitar que la casa nos quedara hecha un asco!

Nuestro hostal no era muy grande: nunca tuvo más de catorce camas. Teníamos un pequeño establo para aquellos que venían con mulas o caballos… Había que andarse con cuidado, porque las autoridades siempre sospechan de los hostales, especialmente si van mujeres solteras… Pero ahora todo eso ya no importa: cuando alquilamos el hostal, tras la derrota, ya se rumoreaba que obligarían a derribar todo el barrio, aunque entonces nadie lo creyó… ¡Y ahora nos echan a todos!

Personnages

Maria Bernadí, hôtelière

1717

Hostal de Alba

 Là, c’était un bon endroit pour avoir un petit hôtel, en face du pont de la Carnicería. Il y avait toujours du mouvement, car les gens venaient chaque jour à la capitale pour vendre leurs produits, et ceux qui venaient de la région de Valence entraient par la porte de Sant Daniel et passaient devant l’hôtel pour aller sur la place del Born. Il y avait des gens de Vic, de Mataró, et même de plus loin… Eh oui, à Barcelone presque tout le monde a de la famille en dehors de la ville, et les produits qui y sont vendus viennent de plus en plus des villages des environs. L’hôtel n’aurait pas eu de succès quelques rues plus haut, car il y a seulement des potagers et des industries, et il y a moins de passage. Mais c’était pénible d’être en face du pont où le Rec Comtal, la principale rigole d’irrigation, rejoint le Merdançar, comme on appelle les plus grands égouts de la ville. De temps en temps, avec les tempêtes en mer et les pluies abondantes faisaient déborder les eaux sales, et il fallait se dépêcher de placer une planche en bois devant sa porte d’entrée pour éviter que la maison ne soit envahie !

Notre hôtel n’était pas très grand, on n’a jamais eu plus de quatorze lits. On avait aussi une petite étable pour les visiteurs qui avaient des mules ou des chevaux. Il fallait faire attention, parce que les autorités avaient toujours l’œil sur les hôtels, surtout s’il y a avait des femmes seules… Mais tout cela n’a plus d’importance… Quand on a loué l’hôtel, après la défaite, des rumeurs courraient selon quoi tout le quartier allait être démoli, mais personne n’y croyait… Et voilà qu’on nous met tous dehors !